Historique

        La spécialité "Médecine interne" est officiellement née en 1970, avec la création par l’Ordre des Médecins, de la qualification en Médecine Interne. La création du vocable « Médecine Interne » - à la fois voulue et décidée d'une part pour adhérer à une harmonisation internationale et d'autre part pour clairement distinguer cet exercice de celui de la Médecine Générale (médecine omnipraticienne, médecine de famille, médecine de premier recours) – dictait aux Internistes de tous horizons, comme partout en Europe et dans le monde, la nécessité de se rassembler, de faire connaître et respecter leurs spécificités, et de fédérer leurs compétences au service de la qualité des soins, de la formation et de la recherche médicales.

 

        Sous l’impulsion du Professeur Claude LAROCHE qui présidait le Syndicat National des Médecins Spécialistes de Médecine Interne, puis du Professeur Pierre GODEAU qui, Président de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris en 1976, allait présenter sa conférence inaugurale "Pour la défense de la Médecine Interne", l’action fut engagée en faveur de ce rassemblement, d’abord lors de « Journées de Médecine Interne » à Paris, Marseille, Nice et Lyon, puis au sein du groupe dynamique des membres fondateurs de la Société Nationale Française de Médecine Interne (S.N.F.M.I) avec notamment les Professeurs ou Docteurs AGIUS, BABEAU, BAR, BEAU, BOU, BOUREL, BOUTARIC , CAQUET, COULHON, CUNY, DAULIEUX, DEBRAY, DELBOY, DEVULDER, DORNER, DRY, DURAND, GODEAU, GROUSSIN, HERBEUVAL, HERREMAN, HILLEMAND, KLOTZ, LABRAN, LAPORTE, LAROCHE, LE HENAND, LE TALLEC, LEVRAT, LOUVIER, MONGIN, PARIENTE, POMMEY, TEMPE, THOMAS, TOULOUSE, VALLETEAU de MOULLIAC, WISNER. Ce groupe a élaboré les statuts de la SNFMI, cosignés le 24 mai 1978 par le Professeur Michel BOUREL, Président, le Professeur Bernard DEVULDER, Trésorier et le Docteur Bernard POMMEY, Secrétaire Général du Bureau Constitutif. En novembre 1978, à Lyon, s'est tenu le premier Conseil d’Administration sous la présidence du Professeur Marc Dorner, Doyen de la Faculté de Médecine de Strasbourg et chef du Département de Médecine Interne de la Clinique Médicale des Hospices Civils de Strasbourg avec pour Secrétaire Général le Professeur Bernard DEVULDER, chef de service de Médecine Interne du C.H.U de Lille, et ancien chef de laboratoire d’Immuno-Pathologie à l’Institut Pasteur de Lille.

 

        La S.N.F.M.I avait pour mission « d’étudier toutes les question relatives à la Médecine Interne, d’en promouvoir la diffusion auprès des médecins et des futurs médecins et d’en assurer la représentation à l’échelon national et international » (article 2 des statuts) et pour moyens d’action (article 5) : a. L’organisation de congrès, de conférences ou de toute autre réunion scientifique, b. La publication d’un Bulletin, c. L’institution de missions d’études ou de prix. Initialement composé de 20 membres élus pour quatre années consécutives par l’Assemblée Générale, le Conseil d’Administration de la S.N.F.M.I allait ultérieurement comporter 24 membres (3 par inter-région et 6 pour l’Ile-de-France, dont 2/3 exerçant en C.H.U et 1/3 en dehors des C.H.U); chaque membre étant élu pour six années consécutives, le conseil d'administration étant renouvelé par tiers tous les deux ans.

 

        Les statuts de la S.N.F.M.I étant publiés, son Conseil d’Administration étant élu, le règlement intérieur de la Société ayant été rapidement arrêté à l’unanimité et avec la fermeté nécessaire, il fallait rassembler et réunir la famille des Internistes de France et annoncer publiquement son existence, sa cohésion, ses projets et ses légitimes ambitions. La gestation dura une année, et les 7 et 8 décembre 1979, à Lille, dans le grand amphithéâtre de l’institut Gernez-Rieux du C.H.U, en présence de 300 internistes déterminés et devant les journalistes des presses professionnelles et grand public, la S.N.F.M.I faisait prendre acte de sa naissance officielle, de ses missions et de ses objectifs, sous la présidence engagée de Monsieur Jacques BARROT, ministre de la Santé. Ce fut le premier congrès français de Médecine Interne, organisé à Lille par le Secrétaire Général de la S.N.F.M.I, et offrant sous la Présidence des Professeurs Marc DORNER et Marc LINQUETTE un programme équilibrant une session à thème « les nouvelles conceptions de l’étiopathogénie des maladies auto-immunes » avec un prestigieux rapport du Professeur Jean-François BACH) et une session de communications libres, cette organisation préfigurant celle des congrès à venir, de semestre en semestre, sans aucune discontinuité.

 

        Sur ces bases fondatrices et dans cet esprit à la fois fédérateur et promoteur, la S.N.F.M.I n’allait cesser, à compter de cette année 1979, marquée d’un extraordinaire bouillonnement intellectuel et organisationnel de « se fortifier, se développer grâce au dynamisme, à la foi d’hommes et de femmes dont les tempéraments divers s’unissent dans une volonté commune d’efficacité », sous la houlette de ses Présidents successifs les Professeur Marc DORNER (Strasbourg) de 1979 à 1982, Jacques DEBRAY(Paris) de 1983 à 1987, Yves LE TALLEC (Toulouse) de 1988 à 1991, Pierre GODEAU (Paris) de 1992 à 1996, Jean-Louis DUPOND (Besançon) de 1997 à 2000, Olivier BLETRY (Paris) de 2001 à 2003, Hugues ROUSSET (Lyon) de 2004 à 2006, Jean-Charles PIETTE (Paris) de 2007 à 2008, Bernard GROSBOIS (Rennes) de 2009 à 2010, Loïc GUILLEVIN (Paris) depuis 2011. L’histoire de la S.N.F.M.I a été marquée par la réélection à scrutin secret, chaque année depuis 25 ans, à l’unanimité des membres du Conseil d’Administration, du Secrétaire Général, le Professeur Bernard DEVULDER de 1979 à 2004 puis le Professeur Hervé LEVESQUE, et par un secrétariat administratif d’une exceptionnelle qualité, assurée par Madame Martine WAREMBOURG entre 1979 et 2004, puis par Gaëlle Louet depuis 2004.

 

        En juin 1989, lors du dixième anniversaire de la S.N.F.M.I le Professeur Jacques DEBRAY proclamait avec vigueur que « le navire lancé à Lille en 1979 va connaître la houle, les flux et reflux d’une époque mouvementée, des réformes et contre-réformes ; il devra affronter les réactions et décisions parfois divergentes, sinon contradictoires, des pouvoirs successifs, et aussi les incompréhensions, voire les hostilités à base ou non de mauvaises informations, d’autres communautés médicales ». Inlassablement en effet « l’Interniste met au service de la communauté des malades, des médecins de famille, des autres spécialistes, sa capacité de synthèse et de réflexion globale, nourrie par sa longue formation diversifiée, ses connaissances sans cesse actualisées de la valeur et des limites du recours aux ressources biologiques nouvelles, aux technologies affirmées ».

 

        Constituée initialement de 300 membres, la S.N.F.M.I en comportait plus du double cinq ans plus tard, plus de 900 lors de son dixième anniversaire en 1989, 1200 en 2004, et 1400 en 2013. Ses membres titulaires ou associés règlent une cotisation annuelle, actuellement de 120 € qui inclut un tarif préférentiel à l'inscription des congrès de la S.N.F.M.I. et l'abonnement électronique à la Revue de Médecine Interne. Il faut ajouter à ses membres, les internes inscrit au DES de médecine en cours de formation avec un statut de membre junior (exempts de cotisation dont les frais d'inscription aux congrès sont pris en charge par la société), les membres associés à titre étranger, la plupart issu de pays francophones d'Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie), mais aussi d'Afrique équatoriale, du Liban de Belgique ou du Canada. Enfin des partenariats privilégiés ont été établis avec certains industriels (Novonordisk, LFB, Genzyme, Actelion), une compagnie d'assurance (Groupe Pasteur Mutualité) et une société d'édition (Elsevier). Les plus anciens d'entre nous sont inviter rester dans la société avec un statut de honoraires.

 

 

Conseil d'administration, Commissions et congrès

 

        Composé de 24 membres titulaires (3 par inter-région et 6 pour l’Ile-de-France, dont 2/3 exerçant en C.H.U et 1/3 en dehors des C.H.U); élus pour six années consécutives, le conseil se réunit 3 fois par an, avec en plus une réunion sous forme d'un déjeuner de travail convivial lors de chaque congrès, puis ponctuellement si nécessaire. Le Conseil d’administration élit chaque année, au scrutin secret, un bureau comportant un président, un ou deux vice-présidents, un secrétaire général, des secrétaires généraux adjoints, un trésorier et un trésorier adjoint. En plus de ces 24 membres titulaires, le conseil d'administration enrichit ses discussions et travaux par la présence de personnalités qualifiées : présidents d'honneur, past-président, présidents des différentes commissions, président du SYNDIF, représentant des hôpitaux des armées, président de l'amicale des jeunes internistes, représentant de la SNFMI auprès de l'EFIM, rédacteur en chef de la Revue de Médecine Interne et responsable du site internet. (www.SNFMI.org)

 

Les principales commissions mise en place sont les suivantes :

  • Conseil scientifique
  • Commission scientifique, pédagogique et technique des congrès qui a vocation à proposer au conseil d’Administration de la S.N.F.M.I. les dates, lieux, thèmes, modalités d’organisation,
  • conditions de financement, programmes scientifiques et culturels, et procédures d’évaluation de chacun des Congrès Français de Médecine Interne organisés chaque semestre sous l’égide de la S.N.F.M.I., en juin et en décembre de chaque année, et dont l’annonce est systématiquement faite aux membres de la Société et aux médias (presse et internet) trois ans avant leur déroulement effectif.
  • Conseil du collège des enseignants de médecine interne
  • Commission DPC (développement professionnel continu)

 

Au cours de chacun de ces congrès semestriels, se tiennent systématiquement :

  • une assemblée générale de la S.N.F.M.I. (statutaire en juin, ordinaire en décembre),
  • une assemblée et/ou un point d’information du SYNDIF,
  • une réunion ouverte du Conseil Scientifique de la S.N.F.M.I.
  • une réunion plénière du comité de rédaction de La Revue de Médecine Interne,
  • une assemblée solennelle au cours de laquelle sont proclamés les noms des lauréats des bourses de Recherche
  • des rencontres organisées avec les représentants d’associations de malades souffrant d’affections qui concernent la Médecine Interne,
  • une assemblée de l’Amicale des Jeunes Internistes
  • depuis le congrès de Grenoble en décembre 2003, une session de formation continue des infirmiers et infirmières des services de Médecine Interne.

 

        La S.N.F.M.I. soutient et aide à l'organisation des Printemps de la Médecine interne, aujourd'hui appelés "Journée Bernard Devulder", mise en place en 1984 sous l'impulsion du Professeur Bernard Devulder à Lille. Chaque année, initialement à Lille et maintenant à Paris, cette réunion scientifique réunit près de 300 internistes jeunes ou moins jeunes, invités à réfléchir autour de cas cliniques, avec la présentation par une équipe d'une observation de diagnostic souvent difficile, suivie de la présentation de la démarche diagnostique par un expert non informé du diagnostic final avec une discussion avec l'auditoire et enfin la présentation du diagnostic. Les cas sans le diagnostic définitif sont présentés sur le site internet quelques semaines avec cette réunion printanière et l'ensemble (cas clinique, discussion, diagnostic) publié secondairement dans la revue de médecine interne.

 

        La notoriété de la S.N.F.M.I. est renforcée par son engagement aux côtés du Syndicat National des Spécialistes de Médecine Interne (dénommé aujourd’hui SYNDIF : Syndicat des Internistes Français) pour représenter la Médecine Interne Française auprès des Autorités Ministérielles de Tutelle et des grandes institutions nationales, comme l’A.N.A.E.S. (Agence Nationale pour l’Accréditation et l’Evaluation en Santé), ou la F.S.M. (Fédération des Spécialités Médicales). Ce partenariat entre la S.N.F.M.I. et le SYNDIF a été concrétisé chaque année par l’organisation d’un séminaire professionnel national associant nos représentants au C.N.U. (première sous-section de la 53ème section du C.N.U.).

 

        Cette Commission Stratégique a eu le mérite, lors de ses grandes réunions ouvertes de septembre, de forger la Médecine Interne française, d’en harmoniser les styles, d’établir des liens confraternels forts entre internistes hospitalo-universitaires, internistes hospitaliers et internistes libéraux, et des partenariats exemplaires ou prometteurs entre eux tous et les autres acteurs du système de santé : spécialistes médicaux de tous horizons, médecins généralistes, représentants des systèmes et organismes institutionnels publics ou privés, et des ministères de tutelle. Lieux remarquables d’échanges et de débats, ces réunions ont toujours apporté aux participants une information précise sur les textes officiels, les réformes annoncées, les expériences pilotes de leur adaptation dans les milieux professionnels concernés, les évolutions attendues en matière de démographie, de nomenclature des actes, de réglementation des concours hospitaliers ou universitaires. Partenaires du Collège National Professionnel des Internistes (C.N.P.I.), la S.N.F.M.I., le SYNDIF et le CNU (sous-section 53-01) ont décidé en 2003 que ces “Journées de Septembre” s’intituleraient “Journées Claude LAROCHE” dans le respect de la mémoire du regretté Professeur Claude LAROCHE.